Saturday, July 23, 2005
LE TEXTE, C'EST L'ILE INCONNUE
"Dites, la jeune belle, Où voulez-vous aller? La voile enfle son aile, La brise va souffler! L'aviron est d'ivoire, Le pavillon de moire, Le gouvernail d'or fin; J'ai pour lest une orange, Pour voile une aile d'ange, Pour mousse un séraphin. Dites, la jeune belle, Où voulez-vous aller? Est-ce dans la Baltique, Dans la mer Pacifique, Dans l'île de Java? Ou bien est-ce en Norvège, Cueillir la fleur de neige, Ou la fleur d'Angsoka? Dites, la jeune belle, Où voulez vous aller? "Menez-moi", dit la belle,"À la rive fidèle Où l'on aime toujours." "Cette rive, ma chère, On ne la connaît guère Au pays des amours."Où voulez-vous aller? La brise va souffler!
LES NUITS D'ETE, C'EST BERLIOZ
Il y a encore des habitants de cette terre qui n'ont jamais entendu les Nuits d'Eté de Berlioz. Il est des choses incroyables. "La beauté, docteur, c'est comme la Sainte Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe!" Eh bien, là, la beauté est palpable, et je la palpe chaque année, quand il fait bien chaud, que mes voisins ont déserté l'appartement mitoyen et que le silence épais règne dans la nuit bleue de ma banlieue. La fenêtre est ouverte, et le spectre de la rose me parle. Et il y a quelques années, ô, surprise, Anne Sophie von Otter enregistre ces Nuits d'Eté! Je doute d'abord qu'elle puisse détrôner Mady Mesplé, et puis j'écoute... Miracle! Les textes sont mis en avant d'une manière sensible, la beauté est là! Théophile Gautier, qu'on nous faisait ânoner à l'école primaire (j'ai passé la quarantaine), bien oublié maintenant, renaît dans l'écrin de la musique de Berlioz...
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