Thursday, January 12, 2006

MA TATA MONIQUE C'EST UNE VEDETTE

A l'enterrement d'une feuille morte...
On a enterré ma tante mardi dernier. Une femme-exemple par tous les côtés de sa vie. Elle ne s'exprimait jamais pour donner sa pensée, mais faisait partager le bien-fondé de ses actions par l'exemplarité même et la justesse de ces dernières. Une philosophe de l'action. Il y avait là des personnes venues d'Allemagne et d'Angleterre. On a fait de la musique et dansé devant le cercueil, comme pour lui assurer qu'on avait compris le message de sa vie. Pas de fleurs, et pas de curés. C'est bien dans cette vie qu'il faut s'occuper de soi et des autres, et saisir tous les bonheurs. Quelques centaines de personnes debout dans le froid trois heures durant pour l'accompagner une dernière fois et lui témoigner leur amitié. Elle qui s'est occupée de la vieillesse de ma grand-mère et de sa mère pendant de longues années, a disparu sans prévenir en pleine activité, laissant ceux, comme moi, qui ne lui ont jamais témoigné leur affection durant sa vie, en situation de réflexion plus que de deuil. Merci, Monique, de m'ouvrir les yeux sur la vie des personnes qui s'occupent des autres sans raisonner et sans compter. Je m'en souviendrai.

Tuesday, January 03, 2006

LES ECRANS, C'EST BIZARRE!

Après "Marebito", film japonais que personne n'a vu, où une partie des dix spectateurs qui étaient dans la salle se sont tirés au moment où le personnage principal s'incise la langue à la lame de rasoir en gros plan, après qu'un autre se crève un oeil au couteau (toujours en gros plan), je suis allé voir "La saveur de la pastèque", film chinois, sans scénario, sans musique et sans dialogue, sans peur mais non sans reproche.
D'abord, la bande annonce est une menteuse, on s'attend à voir une comédie musicale, et on se retrouve dans le tournage d'un film porno à trois yuan, où la porn-star féminine, morte, continue de se faire ramoner par le mec, sous le regard incrédule de la voisine et des cinéphiles qui restent; elle simule un orgasme - les spectateurs, non - et se retrouve pour la peine avec la pine du chinois en fond de gorge, du sperme dégoulinant de ses commissures, la nuque forcée à rester là, étouffée par le morceau de bidoche. Le plan dure cinq minutes, c'est la fin.
Quelques semaines après, pour un film comme pour l'autre, je me demande:
1 - si j'ai bien fait de rester jusqu'au bout (mais comment apprécier une oeuvre si on l'appréhende pas dans son entièreté?).
2 - si ça valait 9 euros.
3 - si il y avait quelque chose à comprendre.
4 - si quelqu'un peut me donner la clé de ces merveilles qui me restent hermétiques
Allez, bonne année 45 après le Pamplemousse!