Tuesday, January 03, 2006

LES ECRANS, C'EST BIZARRE!

Après "Marebito", film japonais que personne n'a vu, où une partie des dix spectateurs qui étaient dans la salle se sont tirés au moment où le personnage principal s'incise la langue à la lame de rasoir en gros plan, après qu'un autre se crève un oeil au couteau (toujours en gros plan), je suis allé voir "La saveur de la pastèque", film chinois, sans scénario, sans musique et sans dialogue, sans peur mais non sans reproche.
D'abord, la bande annonce est une menteuse, on s'attend à voir une comédie musicale, et on se retrouve dans le tournage d'un film porno à trois yuan, où la porn-star féminine, morte, continue de se faire ramoner par le mec, sous le regard incrédule de la voisine et des cinéphiles qui restent; elle simule un orgasme - les spectateurs, non - et se retrouve pour la peine avec la pine du chinois en fond de gorge, du sperme dégoulinant de ses commissures, la nuque forcée à rester là, étouffée par le morceau de bidoche. Le plan dure cinq minutes, c'est la fin.
Quelques semaines après, pour un film comme pour l'autre, je me demande:
1 - si j'ai bien fait de rester jusqu'au bout (mais comment apprécier une oeuvre si on l'appréhende pas dans son entièreté?).
2 - si ça valait 9 euros.
3 - si il y avait quelque chose à comprendre.
4 - si quelqu'un peut me donner la clé de ces merveilles qui me restent hermétiques
Allez, bonne année 45 après le Pamplemousse!

2 comments:

Lena said...

A vrai dire ce film est fait pour "derouter" le spectateur, c'est une simple et pure "libre interpretation", le spectateur se voit seul juge et donc seul veritable conteur de l'histoire voila ^^

lepamplemousse said...

Très intelligent, ce que tu dis là, Léna...
Je suis moi-même auteur, et je connais par coeur ce discours intellectuel qui consiste à laisser le réceptionnaire d'une oeuvre (picturale, cinématographique, musicale...)se débrouiller avec un magma informe. Pour moi, c'est du mépris (Godard?), et si le spectateur voit AUTRE CHOSE que ce qu'a voulu RACONTER le créateur, là, oui! Je dis: c'est réussi.