Une pharmacie, dans le centre de Paris, pas loin de la rue Saint Denis, un homme, 30 ans, la tête dans les mains, qui se dandine. Il souffle: "putain, donne, donne! Qu'est-ce qu'elle fait cette conne au téléphone, elle est vraie mon ordonnance!"
Au fond de la boutique, une femme, petite, sèche, la quarantaine achevée, lunettes cerclées sur le nez, téléphone. A la caisse, son époux, sans doute. C'est le mari de la pharmacienne, pas le pharmacien. Mais il deale quand même le shampooing pour cheveux gras et la dernière pilule à 100 euros pour perdre 100 grammes en 100 ans. Je lui demande mon aspirine 500mg, vitaminée C. Il cherche. "C'est chez Oberlin!" lui précisé-je. Il n'a pas. A côté, le client triomphe: "vous voyez, vous voyez, elle est bonne, l'ordonnance!"
"Vous avez la carte vitale?" "Non, mais vous allez faire marcher ça": et il sort des attestations de sa poche. "Le médecin, ça lui allait très bien !" La pharmacienne parcourt la paperasse, et s'emporte: "Vous en avez fait combien, des pharmacies avant de venir ici, au moins quatre?"
Quinze, il dit qu'il en a fait quinze! Et la pharmacienne refuse de lui donner plus de deux boîtes, arguant que la loi l'interdit. Il doit revenir chaque semaine. Et peut-être qu'elle ne sera pas payée, son mari renchérit... Le pauvre homme en manque est à deux doigts de pleurer... Je m'enfuis.
Au fond de la boutique, une femme, petite, sèche, la quarantaine achevée, lunettes cerclées sur le nez, téléphone. A la caisse, son époux, sans doute. C'est le mari de la pharmacienne, pas le pharmacien. Mais il deale quand même le shampooing pour cheveux gras et la dernière pilule à 100 euros pour perdre 100 grammes en 100 ans. Je lui demande mon aspirine 500mg, vitaminée C. Il cherche. "C'est chez Oberlin!" lui précisé-je. Il n'a pas. A côté, le client triomphe: "vous voyez, vous voyez, elle est bonne, l'ordonnance!"
"Vous avez la carte vitale?" "Non, mais vous allez faire marcher ça": et il sort des attestations de sa poche. "Le médecin, ça lui allait très bien !" La pharmacienne parcourt la paperasse, et s'emporte: "Vous en avez fait combien, des pharmacies avant de venir ici, au moins quatre?"
Quinze, il dit qu'il en a fait quinze! Et la pharmacienne refuse de lui donner plus de deux boîtes, arguant que la loi l'interdit. Il doit revenir chaque semaine. Et peut-être qu'elle ne sera pas payée, son mari renchérit... Le pauvre homme en manque est à deux doigts de pleurer... Je m'enfuis.
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