Friday, August 12, 2005

SUBUTEX C'EST PAS PLUS DE DEUX BOITES

Une pharmacie, dans le centre de Paris, pas loin de la rue Saint Denis, un homme, 30 ans, la tête dans les mains, qui se dandine. Il souffle: "putain, donne, donne! Qu'est-ce qu'elle fait cette conne au téléphone, elle est vraie mon ordonnance!"
Au fond de la boutique, une femme, petite, sèche, la quarantaine achevée, lunettes cerclées sur le nez, téléphone. A la caisse, son époux, sans doute. C'est le mari de la pharmacienne, pas le pharmacien. Mais il deale quand même le shampooing pour cheveux gras et la dernière pilule à 100 euros pour perdre 100 grammes en 100 ans. Je lui demande mon aspirine 500mg, vitaminée C. Il cherche. "C'est chez Oberlin!" lui précisé-je. Il n'a pas. A côté, le client triomphe: "vous voyez, vous voyez, elle est bonne, l'ordonnance!"
"Vous avez la carte vitale?" "Non, mais vous allez faire marcher ça": et il sort des attestations de sa poche. "Le médecin, ça lui allait très bien !" La pharmacienne parcourt la paperasse, et s'emporte: "Vous en avez fait combien, des pharmacies avant de venir ici, au moins quatre?"
Quinze, il dit qu'il en a fait quinze! Et la pharmacienne refuse de lui donner plus de deux boîtes, arguant que la loi l'interdit. Il doit revenir chaque semaine. Et peut-être qu'elle ne sera pas payée, son mari renchérit... Le pauvre homme en manque est à deux doigts de pleurer... Je m'enfuis.

No comments: